Droit des successions en France : existe-t-il (encore) un droit à hériter ?

Généralités terminologiques et historiques

Existe-t-il, en France, un droit à hériter ?

Quel est l’avenir de la succession en France face aux enjeux contemporains ?

Conclusion

  1. Locution latine abrégée de Is de cujus successione agitur, qui signifie littéralement « celui de la succession duquel il s’agit ». Dans le jargon juridique, ce terme est employé pour désigner le défunt. ↩︎
  2. Mécanisme prévu à l’article 843 du Code civil. C’est une opération comptable par laquelle un héritier réintègre fictivement à la masse successorale les donations qu’il a reçues du défunt de son vivant, afin d’assurer l’égalité parfaite entre les héritiers lors du partage. ↩︎
  3. En droit romain, il s’agit du chef de famille. Il disposait d’un pouvoir absolu et exclusif (la patria potestas) sur les membres de sa maisonnée et sur l’ensemble de leurs biens. ↩︎
  4. Ensemble des règles fixées par la loi qui déterminent l’ordre et les proportions dans lesquels les héritiers sont appelés à succéder en l’absence de testament. ↩︎
  5. Mirabeau, Discours sur l’égalité des partages dans les successions en ligne directe, 2 avril 1791, Les grands discours de la culture juridiques, Dalloz, 2ème éd., 2020. ↩︎
  6. Privilège successoral de l’Ancien Droit, définitivement aboli lors de la Révolution, qui accordait la majorité (voire la totalité) du patrimoine au premier-né de la fratrie (généralement le premier garçon) afin d’éviter le morcellement des terres. ↩︎
  7. Fraction du patrimoine dont on ne peut déshériter certains héritiers dits « réservataires » (les descendants ou, à défaut, le conjoint survivant), protégée par les principes de l’article 912 du Code civil. ↩︎
  8. Traduction juridique de l’adage « Le mort saisit le vif », encodée à l’article 724 du Code civil. Elle permet à certains héritiers de prendre possession des biens de la succession dès l’instant du décès, sans autorisation préalable d’un juge. ↩︎
  9. Un héritier présomptif est la personne qui, à un moment donné, est la plus proche parente d’une personne vivante et qui aurait vocation à hériter si cette dernière venait à décéder le jour même (une simple espérance qui n’est pas un droit acquis). ↩︎
  10. Ensemble des principes et valeurs fondamentales du droit français qui s’imposent au juge et lui permettent d’écarter l’application d’une loi étrangère si celle-ci les heurte de façon flagrante. ↩︎
  11. Fiction juridique prévue à l’article 751 du Code civil permettant à un héritier de « monter d’un degré » pour prendre la place, et donc les droits, de son ascendant (lorsque ce dernier est prédécédé, renonçant ou indigne). ↩︎
  12. Lire M. Grimaldi, La représentation de l’héritier renonçant, Defrénois 2008, p.25 et s. ↩︎
  13. L’indigne est celui qui est privé de sa part d’héritage par une sanction civile en raison de fautes graves commises envers le défunt. ↩︎
  14. Le renonçant est l’héritier qui choisit volontairement de refuser la succession (ce qui inclut l’actif comme les dettes). ↩︎
  15. Ce chiffre correspond au flux successoral total cumulé qui devrait être transmis en France sur la période 2025-2040. Cette estimation s’appuie sur les évolutions démographiques (le vieillissement des baby-boomers) mises en exergue par les rapports de France Stratégie (lire notamment les travaux de Clément Dherbécourt) et corroborées par les analyses récentes de la Fondation Jean-Jaurès sur l’impôt des grandes successions (2024). ↩︎
  16. Voir les études démographiques de l’INSEE, couplées aux travaux sur l’évolution du capital menés par l’économiste Thomas Piketty, confirment que l’allongement de l’espérance de vie repousse mécaniquement la perception de l’héritage. De 30 ans en moyenne dans les années 1920, l’âge des héritiers se situe aujourd’hui autour de 52 ans, et pourrait frôler les 58 ans d’ici 2050. ↩︎
  17. Voir les données de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), souvent reprises par le Conseil d’Analyse Économique (CAE), qui indiquent qu’entre 85 % et 87 % des successions et donations ne donnent lieu à aucune taxation, la très grande majorité des transmissions se situant sous les seuils d’abattements en vigueur. ↩︎
  18. Précisément, l’article 779 du Code général des impôts (CGI) prévoit un abattement de 100 000 euros applicable sur la part de chacun des ascendants et sur la part de chacun des enfants vivants ou représentés. Ce dispositif se renouvelle tous les 15 ans. ↩︎
  19. Voir les statistiques officielles de la DGFiP de l’année 2024 (portant sur les revenus 2023), sur plus de 41 millions de foyers fiscaux en France, seuls 44 % à 45 % d’entre eux (soit un peu plus de 18 millions) s’acquittent effectivement d’un impôt net sur le revenu supérieur à zéro. ↩︎

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