« Le notariat n’est pas seulement un acteur du droit et de la sécurité juridique mais aussi un observateur privilégié des grandes transformations de notre société ». Tels furent les mots d’introduction de Maître Sophie Thibert Belaman, Président de la chambre des notaires de Paris, lors d’une conférence organisée le 23 juin dernier et qui portait, comme l’indique le titre, sur l’enjeu de la langue française à l’heure des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle et des anglicismes en tout genre. En somme, quel est l’avenir de notre langue face aux enjeux technologiques, mais aussi sociaux, contemporains. Comme Me. Thibert Belaman a pu le souligner elle-même, le présent sujet pourrait apparaître comme bien étrange, voir incongru pour des notaires. Et pourtant ! Le notaire travaille en effet quotidiennement avec les mots. Certes, toutes les professions juridiques travaillent avec la langue française et avec un jargon propre au droit. Mais le notaire, dans son rôle de rédacteur d’actes et de conseiller avisé des particuliers dans leurs démarches, entretien un rapport bien singulier avec les mots. Me. Thibert Belaman décrit d’ailleurs cela, soulignant qu’ « un mot n’est jamais tout à fait synonyme d’un autre. Une nuance peut bouleverser un droit, une obligation, parfois le destin d’une famille ou d’une entreprise. La précision de la langue est au cœur de la sécurité juridique. ». Monsieur Paul Rondin, Directeur de la Cité internationale de la langue française – château de Villers-Cotterêts, et Maître Jean-François Sagaut, notaire à Paris et président de l’événement ont débattu de ces enjeux autour de la science du langage, débat animé par la journaliste Florence de Soultrait. Dans cet article, revenant sur ces échanges, nous avancerons nos arguments et positions quant à ce sujet passionnant.
Vitalité et progression : un plaidoyer optimiste pour la francophonie
Malgré les inquiétudes contemporaines, les intervenants ont tenu à (ré)affirmer la vitalité et la force de la langue française, refusant tout discours déclinante.
Monsieur Paul Rondin (Directeur de la Cité internationale de la langue française) s’inscrit en faux contre l’idée d’une langue en perdition. Les chiffres le prouvent : avec 396 millions de locuteurs selon l’Organisation internationale de la francophonie, le français a récemment progressé du 5e au 4e rang mondial. Pour lui, la langue va globalement bien et continue de susciter un fort intérêt. M. Rondin souligne que l’évolution naturelle de la langue française est un gage de survie rappelant qu’une langue qui n’évolue pas est une langue qui se fige et meurt. Il distingue d’ailleurs très nettement l’évolution de la langue (l’apparition de nouveaux mots, l’élargissement du tronc commun) de son appauvrissement.
De son côté, Maître Jean-François Sagaut souligne le rôle fondamental du français comme « trait d’union entre les citoyens » permettant de « faire nation ». Dans cette optique, M. Rondin insiste sur la nécessité de rendre la langue désirable et « hospitalière » pour tous, y compris pour ceux qui en maîtrisent mal les codes, en s’appuyant par exemple sur les cultures urbaines qui témoignent d’une véritable envie de jouer avec les mots. Sur le sujet des nouvelles technologies, et de l’intelligence artificielle en particulier, loin de les rejeter en bloc, Me Sagaut y voit une opportunité. Une IA générative dédiée au notariat, évoluant en base fermée et sécurisée, pourrait permettre de brasser davantage de mots et d’enrichir le champ lexical notarial, contrairement aux IA généralistes qui ont tendance à vulgariser.
Des zones d’ombre néanmoins : pratiques décriées et nouveaux défis linguistiques
Si le pessimisme était loin d’être partagé par les intervenants, ces-derniers ont toutefois pointé du doigt plusieurs menaces réelles qui pèsent sur la pratique quotidienne et la richesse de la langue. L’inquiétude principale partagé par Paul Rondin ne porte pas sur tant sur l’évolution du vocabulaire, mais sur la disparition de la lecture. La prédominance des images et des écrans entraîne inévitablement une perte de la capacité à lire, à décrire et, in fine, à écrire et à parler. Il pointe directement la responsabilité de certains adultes (parents muets face à leurs enfants à cause des écrans, créateurs d’applications addictives comme TikTok) dans ce « désastre » linguistique, rappelant que les professeurs ne peuvent pas rattraper seuls ces manquements.
D’autre part, M. Rondin s’insurge face à l’invasion du « globish » et au complexe d’infériorité français. Selon lui, l’utilisation massive d’anglicismes est vivement critiquable. M. Rondin se dit « terrifié » par ce « globish » omniprésent dans les affaires ou au gouvernement, y voyant un manque de fierté nationale. Me Sagaut renchérit en mettant en garde contre la porosité linguistique dans le domaine juridique : céder à l’anglais par « coquetterie » de modernité reviendrait à affaisser le droit continental (dont la France est le fer de lance) face à la Common Law anglo-saxonne. Cette imprégnation se traduit déjà concrètement dans la pratique : les notaires voient apparaître des lexiques explicatifs en tête de certains actes pour en donner les clés de compréhension, une méthode directement calquée sur le fonctionnement de la Common Law (qui n’est pas un droit écrit).
Les discussion entre les intervenants mettent également en exergue le risque d’une simplification à outrance de la langue. La simplification du vocabulaire (vers une langue trivialisée) est perçue comme un véritable appauvrissement. Pour le notaire, qui est un « instituteur du droit », réduire le champ lexical empêcherait la traduction de concepts juridiques complexes en un langage clair pour le citoyen. Maintenir l’intégrité de ce registre expert est en effet indispensable pour que le notaire puisse jouer pleinement son rôle de pédagogue et de médiateur. C’est à ce prix qu’il peut s’assurer du consentement parfaitement éclairé de son client au sein d’un cadre non contentieux. Toute traduction approximative ou simplification excessive fait courir un risque d’interprétation subjective, là où la doctrine et la jurisprudence exigent une précision absolue.
Enfin, concernant les dangers d’une intelligence artificielle qui se révèlerait généraliste, les intervenants semble être en accord : si l’IA peut être un outil, elle soulève des craintes quant à l’appauvrissement de la pensée. M. Rondin alerte : « à requête simpliste, réponse simpliste ». Le risque est de déléguer notre travail intellectuel à des algorithmes qui, loin de défendre la diversité linguistique, ont tendance à standardiser la pensée et le langage.
Alors qu’en pensez ?
Avant de nous aventurer dans le débat d’idées, nous pouvons saluer la chambre des notaires de Paris de s’être saisi de ce sujet au combien important, et qui n’eut pas peur de se confronter aux détracteurs et à leur « quel est le rapport ? ». En effet, comme nous l’avons souligné en introduction, il était loisible de se questionner sur la pertinence d’un tel sujet pour les notaires. Loin de se borner à de basses et vulgaires critiques, et soucieuses des enjeux contemporains au sein de la civilisation, et tout singulièrement française, la chambre des notaires a eut à coeur d’exposer ce sujet et de l’approfondir. D’autre part, nous apprécions la mise en oeuvre de cette conférence par l’intervention d’un linguiste reconnu et d’un notaire, le tout animé par une journaliste. Nous avons donc pu assister à un échange d’idée bien construit, avec l’intervention de la théorie, de la pratique, le tout chapeauté par une intervenante neutre.
Une fois cela dit, nous pouvons nous pencher de façon plus approfondie sur le fond de cette conférence. Celle-ci questionnait sur l’avenir de la langue française. Nous avons pris soin d’exposer précédemment les dires de chaque intervenant, et ce afin d’avoir un socle pour nos développements qui vont suivre. Si nous reprenons les mots de Monsieur Paul Rondin, la langue française va, globalement, bien et ce comme le prouve l’intérêt que suscite le français à travers le monde. Alors ? Optimisme fondé ou optimisme de façade ? La question est provocante, nous en convenons, mais mérite d’être posée.
En effet, la question « comment se porte la langue française ? » est suffisamment large pour conduire à plusieurs réponses selon le point de vue duquel nous nous plaçons. Il nous semble que le point de vue de Monsieur Paul Rondin est assez globalisant (lui-même reprend le terme « globalement » pour désigner la vitalité de la langue française) et nous pourrions dire « internationalisant ». Et il est vrai que, chiffres à l’appui, la langue française suscite toujours de l’intérêt à l’international. Mais à l’échelle nationale ? Il nous serait bon ici de nous pencher sur quelques sondages. Concernant l’attachement à leur langue, les Français restent majoritairement unanimes : la décrivant comme belle et à la fois complexe, 77 % jugent qu’elle a une place importante dans le monde, là où la moitié des sondés l’estiment menacée1. 91 % des Français estiment que la dégradation du niveau de français est une menace pour la pratique de la langue, et 45 % estiment le système scolaire pas assez performant pour l’enseigner.
Par ailleurs, quand 85 % des interrogés pensent avoir un bon niveau en orthographe, ce ne sont seulement que 58 % d’entre eux qui obtiennent au moins 12/20 à une dictée simple2. Que nous disent ces chiffres à l’échelle nationale ? Partageant un optimisme certain sur leur langue, et même une certaine fierté (bien française), les Français semblent souligner néanmoins une menace planant au-dessus d’elle. D’autre part, nous notons un écart entre perception et réalité puisque, bien que les Français s’enorgueillissent d’un bon niveau d’orthographe, 42 % d’entre eux ne parviennent pas à une note de 12/20 à une dictée simple, ce qui souligne une maîtrise de la langue en voie de perdition. Ce que nous pouvons donc avancer dans un premier temps, c’est que les chiffres au niveau national semblent tendre davantage vers une vision pessimiste de l’état de notre langue plutôt que vers une pleine et entière santé.
Récemment, en 2025, un baromètre Ipsos mettait en avant que 90 % des Français (soit une majorité écrasante) jugent leur pays en déclin, un record depuis 2014, et 75 % estiment que « c’était mieux avant »3. Il serait donc intéressant d’approfondir ce chiffre afin de connaître véritablement, noir sur blanc, l’opinion des Français sur le déclin de la langue française. Sur ce point, Jean Baudrillard faisait remarquer, dans son ouvrage Simulacres et simulation, que « Le simulacre n’est jamais ce qui cache la vérité – c’est la vérité qui cache qu’il n’y en a pas. ». Dans notre vie de tous les jours, combien de fois sommes-nous confrontés, à l’écrit comme à l’oral, à des fautes en tout genre, que celles-ci soient orthographiques, syntaxiques, stylistiques ?
Les évaluations nationales ne montrent-elles pas, à l’image de celles de 2025, que le niveau en français au collège souffre d’une nette dégradation ? En classe de 5e, en effet, seulement 52,1 % des élèves présentent une maîtrise satisfaisante du français, contre 34,6 % en réseau d’éducation prioritaire et 24,9 % en réseau d’éducation prioritaire renforcée4. Le fameux classement PISA de 2022 révéla une baisse inédite des performances scolaires des jeunes Français parmi 85 pays testés, avec une perte en mathématiques équivalente à trois quarts d’une année scolaire, la compréhension de l’écrit suivant une trajectoire comparable. Ce recul, bien que n’étant pas propre à la France, y est néanmoins plus marqué que dans beaucoup de pays comparables5.
Côté employeurs, 86 % des employeurs considèrent la maîtrise du français comme une compétence importante dans leur secteur, un chiffre qui monte à 91 % chez les responsables RH. Plus frappant encore : plus de 75 % des employeurs affirment que leurs équipes sont confrontées à des lacunes d’expression et/ou d’orthographe. Enfin, à l’entretien, 73 % des employeurs jugent indispensable une bonne maîtrise orale du français ; là où 60 % des CV sont rejetés en raison d’erreurs orthographiques, grammaticales ou de ponctuation6.
Par ailleurs, dans les médias, nombreux sont les témoignages et tribunes de certains observateurs dénonçant un appauvrissement du vocabulaire à l’antenne, une anglicisation croissante, et des sous-titres truffés de fautes sur les chaînes publiques comme privées — mais sans étude quantifiée à ce jour. L’Arcom, instance régulatrice de l’audiovisuel, a bien une mission de promotion du français à l’antenne en vertu de la loi Toubon de 19947, et organise chaque année la Semaine de la langue française. Il semble que cela ne suffise pas.
Monsieur Rondin, et nous devons lui rendre hommage pour cela, souligne la disparition de la lecture, et donc, in fine, de l’écriture et du parler. Au soutien de ces dires, nous pourrions mettre en avant, là encore, certains chiffres parlants. Entre autres, le baromètre 2025 « Les Français et la lecture » note qu’entre 2023 et 2025, le nombre de personnes lisant au moins cinq livres par an est passé de 69 % à 63 %. Les lecteurs réguliers sont passés de 61 % à 56 %, un niveau historiquement bas depuis la création du baromètre en 2015 ; la moyenne de livres lus par an, tous formats confondus, est tombée de 22 à 18. Enfin, le temps quotidien consacré à la lecture a chuté à 31 minutes par jour (-10 minutes par rapport à 2023), pendant que le temps passé sur écrans (hors lecture) a grimpé à 3h21 par jour (+49 minutes).
En se penchant sur les tranches de génération, la baisse relevée n’est pas uniforme. Une situation contrastée, d’abord, pour les 15-24 ans : le nombre de lecteurs réguliers en déclaration spontanée reste relativement stable, mais la part de ceux ayant lu au moins 5 livres recule nettement, de -7 points par rapport à 2023, et -15 points par rapport à 2019. Cette classe d’âge est aussi la plus touchée par le déséquilibre lecture/écrans : plus de 5 h par jour devant un écran contre seulement 28 minutes de lecture quotidienne. Dans la tranche 25-49 ans, c’est là que la baisse des lecteurs réguliers est la plus marquée, alors même que c’est une génération active, en formation continue ou reconversion. Enfin, à l’inverse, les plus de 65 ans résistent bien et restent les plus assidus — 75 % ont lu au moins 5 livres dans l’année, avec une moyenne de 17 livres, confirmant que la pratique de lecture se consolide avec l’âge plutôt qu’elle ne décline avec les nouvelles générations installées8.
Insistons ou réinsistons bien sur ce point, comme l’a fait Monsieur Rondin au cours de son intervention : la concurrence des écrans est le facteur principal de cette chute, puisque 27 % des lecteurs déclarent être distraits pendant leur lecture par les réseaux sociaux ou leurs messages — un chiffre qui grimpe à 53 % chez les 15-24 ans et 42 % chez les 25-34 ans9.
L’anglicisme, ou globish, est également avancé comme facteur de danger pour la langue française. Nous sentons Monsieur Rondin particulièrement engagé sur la question et très critique vis-à-vis de son étendue. Il partage l’opinion de nombreux Français qui expriment à 45 % de la gêne, voire de la colère, face à l’usage de mots anglais dans une publicité, contre 19 % pour qui cela ne pose pas de difficulté10. Ce constat prolonge une enquête antérieure du Crédoc où 47 % des Français se disaient déjà « agacés » ou « hostiles » face aux publicités contenant de l’anglais11. Comme pour la lecture, nous observons une fracture générationnelle puisque seuls 28 % des 16-27 ans déclarent ne jamais utiliser d’anglicismes, contre une moyenne nationale de 38 %, avec des écarts marqués selon les villes et les régions12.
Cette utilisation outrancière de l’anglais trouve des relais dans tous les domaines de notre quotidien : commerce, publicité, monde du travail et des affaires, divertissement, loisirs, médias, etc. Depuis quelques années maintenant, en plus de l’anglicisme, nous voyons apparaître également des mots et expressions d’autres contrées, principalement d’Afrique. Il est dommage que cela n’ait pas été souligné par Monsieur Rondin et mis sur le même plan que l’anglicisme. De même que pour l’anglais, ces mots ou expressions trouvent un formidable relais parmi tous les domaines précités, en particulier lorsque ces derniers touchent de près ou de loin à la jeunesse (je vous invite à consulter les médias indépendants pléthoriques sur les réseaux sociaux et dont les jeunes constituent le public cible, la musique et ce, en particulier, le rap et la musique contemporaine plus généralement, etc.).
Et comment ne pas évoquer la novlangue et l’écriture inclusive, tant décriée, que souhaite imposer l’Empire du Bien dans la pratique de notre langue ? Cette déstructuration militante de la syntaxe, perçue comme illisible et rejetée par une écrasante majorité de l’opinion publique selon les enquêtes (un sondage CSA soulignant une opposition massive des Français à son apprentissage), illustre la redoutable mécanique décrite par George Orwell. Comme l’écrivait le romancier britannique dans 1984 : « Le but de la Novlangue est de restreindre les limites de la pensée. » En hachant les mots et en complexifiant artificiellement la grammaire, c’est la fluidité même de l’esprit et du débat que l’on entrave.
Ce gloubi-boulga constitue, et je l’assume pleinement, une menace pour la langue française, tant à l’écrit que dans le parlé. Il est rare que je prenne personnellement parti dans mes articles, ayant soin de rester traditionnellement neutre. Mais le sujet de la langue me traverse davantage, car nombreuses sont celles et nombreux sont ceux, d’origines sociales différentes, venant de familles modestes comme aisées, à soigner leur langage, à vouloir s’élever linguistiquement. Je pense particulièrement à ces jeunes, pour lesquels je veux me faire le porte-parole, qui aspirent à pratiquer la langue française comme l’on pratique avec respect toute langue qui existe en ce monde.
Car défendre sa langue maternelle et refuser son nivellement par le bas n’est pas un repli conservateur, c’est une exigence d’élévation intellectuelle et spirituelle. Le philosophe allemand Martin Heidegger ne disait pas autre chose lorsqu’il affirmait que « le langage est la maison de l’être » : l’appauvrir, c’est s’appauvrir soi-même. De même, la sagesse du philosophe chinois Confucius nous rappelle que la précision linguistique est le socle de toute société : « Si la langue n’est pas correcte, alors ce qui est dit n’est pas ce qui est pensé ; si ce qui est dit n’est pas ce qui est pensé, alors les œuvres ne peuvent s’accomplir. » Soigner son français, pour ces jeunes comme pour nous tous, c’est donc tout simplement préserver notre capacité à penser le monde avec justesse et clarté, en toute intelligence et humilité.
Ainsi, je suis convaincu — et permettez-moi de prêcher pour notre paroisse — que ce sont singulièrement les jeunes étudiants en droit et jeunes professionnels du droit qui parviendront à relever le niveau. L’intelligence artificielle, puisque celle-ci fut évoquée lors de la rencontre faisant l’objet du présent article, peut avoir une place déterminante mais mesurée. Comme pour toute nouvelle technologie de pointe, les risques d’abus sont connus. L’IA doit nous encourager à découvrir ou redécouvrir notre langue, à nous aiguiller lorsque la langue française (qui, reconnaissons-le, est une langue complexe) nous présente ses difficultés et subtilités, à nous guider sur la voie de la maîtrise du français, dans son parler comme à l’écrit.
En conclusion, il est heureux, et même louable, que la chambre des notaires de Paris se soit saisie de ce sujet hautement important. La langue étant intrinsèque à un pays et aux habitants qui le composent, savoir la parler et l’écrire est aujourd’hui un sujet sur lequel de nombreuses institutions et domaines professionnels ont intérêt à se pencher. Cette conférence a pu souligner plusieurs réalités bien présentes aujourd’hui quant à notre langue et à son avenir. Même si le constat d’un déclin de la langue française n’a pas été relevé comme nous l’avons délibérément fait ici, il n’en demeure pas moins que cette conférence, en plus d’éveiller notre intérêt, interroge sur un enjeu trop oublié mais crucial : le devenir de notre belle langue qui, j’en suis certain, à encore de beaux jours devant elle !
- Enquête DGLFLF (ministère de la culture) / Toluna-Harris Interactive, publiée avril 2025. ↩︎
- Sondage Ifop pour Flashs/MerciApp, publié en juin 2023. ↩︎
- Baromètre Ipsos « Fractures françaises » pour Le Monde, Cevipof, Fondation Jean-Jaurès, Institut Montaigne, 2025. ↩︎
- Évaluations nationales, publiées par le ministère de l’Education nationale en novembre 2025. ↩︎
- Classement PISA, 2022, résultats analysés en 2025. ↩︎
- Enquête Ipsos pour le Projet Voltaire, « Les employeurs face aux lacunes en orthographe de leurs salariés », octobre 2021. Cette étude demeure la référence chiffrée concernant l’impact de la maîtrise du français sur l’employabilité et le recrutement. ↩︎
- Loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française. L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) veille au respect de cette loi et publie chaque année un rapport au Parlement sur l’emploi de la langue française dans les programmes audiovisuels. ↩︎
- Chiffres issus du baromètre bisannuel « Les Français et la lecture », étude de référence réalisée par l’institut Ipsos pour le compte du Centre national du livre (CNL). ↩︎
- Baromètre 2025 « Les Français et la lecture », réalisé par le CNL (Centre national du livre) en partenariat avec Ipsos, publié en avril 2025. ↩︎
- Données issues des enquêtes d’opinion (type sondage CSA / Institut de sondage) portant sur la perception des langues étrangères et l’acceptabilité des anglicismes dans l’espace public et médiatique français. ↩︎
- Enquête de conjoncture du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), réalisée en partenariat avec la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) du ministère de la Culture. ↩︎
- Ces écarts sociodémographiques mettent en évidence la porosité de la jeunesse (notamment urbaine) aux anglicismes véhiculés par les réseaux sociaux et la culture numérique mondialisée. ↩︎

Laisser un commentaire